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Rétinopathie pigmentaire: une lumière au bout du tunnel

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Non ! Pour les patients atteints de rétinopathie pigmentaire, l’œil bionique n’est pas de la science-fiction. En Juillet 2016, la société Pixium Vision a obtenu l’autorisation européenne de mise sur le marché pour son premier Système Bionique de Restauration de la Vision (SRV), IRIS®II.

Ce dispositif intelligent est destiné pour l’instant aux personnes aveugles atteintes d’une forme de dégénérescence rétinienne, la rétinopathie pigmentaire.
On compte environ 1,5 millions de personnes dans le monde qui en souffrent. Parmi eux, 15 000 à 20 000 nouveaux patients perdent la vue aux Etats-Unis et en Europe chaque année. En outre, cette affection n’a pas actuellement de traitement curatif.

Afin de comprendre le principe de fonctionnement de cette technologie innovante, il nous faut brièvement rappeler quelle est la structure de la rétine. Il nous sera ensuite facile de comprendre comment les rétinopathies affectent la vision, ainsi que la façon de les corriger

Structure de la rétine

La rétine est constituée par la superposition de plusieurs couches de cellules qui tapissent le fond de l’œil. La couche – paradoxalement – la plus interne est formée des cellules photoréceptrices, les cônes et bâtonnets. Celles-ci convertissent les photons de lumière en signaux électriques. Ces signaux sont ensuite traités par les couches intermédiaires des cellules de la rétine interne, puis sont transmis aux cellules ganglionnaires. Ces dernières sont, elles, situées à la surface de la rétine. Ce sont leurs axones qui forment le nerf optique. Pour finir, le nerf optique conduit le signal traité et codé vers l’aire visuelle du cortex cérébral.

Dégénérescences rétiniennes

Les maladies dégénératives de la rétine sont dues, pour la plupart, à la dégénérescence des photorécepteurs. Autrement dit, la rétine a perdu sa capacité à traduire les stimuli lumineux en signaux électriques. Cette atteinte peut être progressive ou aiguë, génétique ou liée au vieillissement, selon les différents types de dégénérescences.

Toutefois, cette dégénérescence des photorécepteurs laisse intacte la rétine interne, et la couche des cellules ganglionnaires reste fonctionnelle. Par conséquent, bien que la rétine ait perdu sa fonction de conversion de la lumière en électricité, celles de traitement et de transmission de l’information demeurent intactes. Il suffira donc de stimuler électriquement la rétine interne pour qu’un signal soit transmis au cerveau. Le patient verra alors apparaitre des flashes lumineux dans son champ de vision.

La rétinopathie pigmentaire est la cause héréditaire de cécité la plus répandue dans les pays développés. Son évolution est chronique, et les patients perdent progressivement la vue sur une période qui peut atteindre plus de 20 ans.
Le premier symptôme de rétinopathie pigmentaire est une perte progressive de la vision périphérique. On parle alors de « vision tunnel », qui finira par se rétrécir jusqu’à manger tout le champ visuel.

En raison de sa structure, la rétine peut être artificiellement stimulée de deux manières :
·         Stimulation épi-rétinienne : le porte-électrode est placé sur la surface de la rétine. Cette approche consiste à envoyer un signal à fort contenu directement aux cellules ganglionnaires.
·         Stimulation sous-rétinienne : elle est obtenue en remplaçant partiellement la couche de cellules photoréceptrices par un porte-électrode. Cette approche est  plus physiologique.

Le système bionique

Le Système Bionique de Restauration de la Vision IRIS® est un système épi-rétinien. Il est destiné à remplacer partiellement les fonctions stimulatrices normales des cellules photoréceptrices de l’œil. Il comporte trois composants :
• Un implant rétinien qui comporte 150 électrodes. C’est la seule partie implantée dans l’œil du patient. Il est conçu pour pouvoir être explanté et pourra par conséquent être remplacé par ses futures versions.
• Une mini-camera biomimétique qui fonctionne comme l’œil en temps réel. Elle est incluse dans une paire de lunettes avec un système de transmission de données vers l’implant rétinien. Comme la rétine naturelle, elle réagit aux changements de luminosité ou contraste, sans transmettre une image complète.
• Un ordinateur de poche qui adapte le signal en fonction du patient et optimise le processus de rééducation de sa vision.

Ce dispositif révolutionnaire ne rendra pas leur vue aux personnes aveugles. Le miracle est encore partiel. Il devrait leur permettre toutefois d’identifier les objets courant de leur vie quotidienne et pouvoir s’orienter dans des environnements inconnus. Reconnaître une porte, une assiette, ou une table leur rendra une part considérable d’autonomie. Cela est loin d’être négligeable, n’est-ce pas ?

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